L'Occitanie (en occitan Occitània), appelé aussi les Pays d'Oc, désigne l'espace linguistique et culturel où l'occitan est parlé de nos jours ou bien où cette langue a été parlée dans un passé récent. La carte de l'Occitanie est directement reliée à la définition de la langue occitane. L'Occitanie est répartie entre les États suivants : Sud de la France pour la majeure partie, Italie (Vallées occitanes), l'Espagne (Val d'Aran et Catalogne) et Monaco, et compte environ trentes millions d'habitants dont un quart, en parle la langue.
Diverses appellations :
Tout comme la langue occitane, l'Occitanie a été désignée sous diverses appellations successives :
*Aquitaine jusqu'au XIe siècle : ce terme regroupait la Provence, le Languedoc, la Gascogne, le Dauphiné, et bien sûr l'ancienne province romaine du même nom.
*Provence ou Provincia du XIe siècle au XIIIe siècle : ensemble des pays de langue d'oc (aussi appelée langue provençale) du sud de la Loire.
*Occitania terme rassemblant tous les pays de langue d'oc, créée en latin par l'administration capétienne avec la combinaison de la particule Oc (oui) et de la prestigieuse Aquitania (Aquitaine). Mais après l'annexion de la quasi-totalité de ces pays par la France, cette appellation servit à désigner uniquement le Languedoc.
*Gascogne après l'édit de Villers-Cotterets, « on appelle du nom général de Gascogne ou de Gascons, les pays et les peuples situés à gauche de la Loire où on parle encore l'ancien provençal » (Dom Vaissette)
Le terme Occitanie dans sa définition actuelle est ancien, réactualisant une appellation médiévale attestée dès la fin du XIIIe siècle, en 1290 exactement, pour qualifier les régions de langue d'oc. Le 29 mai 1308, lors du consistoire de Poitiers, il ressort que le roi de France règne sur deux nations: l'une de lingua gallica et l'autre de lingua occitana. En 1381, le roi Charles VI considère que son royaume comprend deux parties: les pays de langue d'oc ou Occitanie et les pays de langue d'oil ou Ouytanie "Quas in nostro Regno occupare solebar tam in linguae Occitanae quam Ouytanae". Occitanie reste en vigueur dans l'administration jusqu'à la Révolution française de 1789. Il est repris au XIXe siècle par l'association littéraire du Félibrige puis il est à nouveau revendiqué depuis le XXe siècle, notamment depuis la fin des années 1960. Un certain nombre d'intellectuels et de mouvements culturels ou politiques aspirent à une renaissance littéraire en langue d'oc, et parfois, à une autonomie, voire une indépendance totale (politique, culturelle et économique) des zones qu'ils considèrent comme occitanes.
Géographie :
En France : l'Occitanie correspond à peu près à la notion vague de « Midi » ; elle comprend l'essentiel du Massif central et presque toutes les régions du sud, sauf la Corse et le Pays basque.
En Italie : les Vallées Occitanes, dans les Alpes (rattachées aux régions Piémont et Ligurie; à ne pas confondre avec le Val d'Aoste qui est plus au Nord).
En Espagne : la Catalogne et le Val d'Aran
À Monaco : excepté les quartiers ligures du centre-ville.
Les régions historiques ou culturelles qui composent l'Occitanie sont les suivantes :
Alpes du Sud
Auvergne
Bourbonnais (moitié sud)
Catalogne
Couserans
Dauphiné (moitié sud)
Comté de Foix
Comté de Nice
Gascogne
Guyenne
Languedoc
Limousin (avec la Marche)
Monaco
Provence
Velay
Vivarais
Les régions administratives couvrant l'Occitanie sont les suivantes :
Aquitaine (sauf les périphéries où l'on parle basque).
Auvergne (sauf le nord de l'Allier)
Limousin
Midi-Pyrénées
Languedoc-Roussillon
Provence-Alpes-Côte d'Azur
Rhône-Alpes : dans la moitié sud, à savoir presque toute la Drôme et l'Ardèche, le sud de l'Isère et quelques franges de la Loire. Dans les autres départements, la langue régionale est l'Arpitan.
Poitou-Charentes : dans l'est de la Charente
Centre : dans quelques communes au sud
Piémont (Italie): dans les Vallées Occitanes
Ligurie (Italie): dans quelques communes à l'est, rattachables aux Vallées Occitanes
Catalogne (Espagne)
Monaco.
Croix et drapeau occitan :
La croix dite "occitane" est en fait le dérivé des armoiries des comtes de Toulouse : de geules à la croix vidée, cléchée (ou pattée) et pommetée d'or.
La première apparition de la croix de Toulouse est datable du règne de Raymond V. Il existe notamment une description du sceau de ce comte datée de 1165. Cette adoption est particulièrement précoce pour le Sud-Ouest, les armoiries se répandant au XIIe siècle principalement dans le Nord de la France. Diverses interprétations ont été faites de cette croix, dont beaucoup qui insistent sur un aspect "symbolique" du motif, oubliant que l'héraldique n'est pas une science du symbole, mais de l'emblème (M. Pastoureau).
En 1950, Henri Rolland affirme que l'origine de cette croix doit être recherchée dans le marquisat de Provence (Nord de la Durance) et plus précisément à Venasque.
Dès 1966, Roger Camboulives pense qu'à l'origine se trouve une croix solaire et peut-être la croix nestorienne trouvée au Turkestan chinois. Elle serait arrivée à Toulouse par l'Italie du Nord et la Provence (sans doute au Xe siècle).
En 1980, (l'Auta), R. Camboulives insiste aussi sur un rôle joué par les Wisigoths et sur les douze petites sphères qui pourraient représenter les douze "maisons" du zodiaque. Pour lui l'origine de la croix est toulousaine et non provençale. Il faut toutefois rappeler que les Wisigoths ne connaissaient pas l'héraldique.
En 1986, Jean-Yves Royer affirme que l'origine de croix est bien provençale mais que le texte d'Henri Rolland comporte des erreurs de dates et qu'il s'agit en fait de la croix de Forcalquier. Il s'appuie notamment sur la sculpture de deux croix figurant sur un couvercle de sarcophage à Ganagobie.
Dans la revue Archistra de décembre 1994, Pierre Saliès affirme que l'origine est toulousaine et que le signe des comtes de Toulouse est le fruit d'évolutions successives locales, peut-être à partir de la croix de Jérusalem.
En 1996 (L'AUTA n° 612) Jean Rocacher confirme que cette croix « est d'abord l'emblème propre à l'ancien comté de Venasque, démembré entre les deux maisons de Toulouse et de Forcalquier ».
En 2000, Laurent Macé (Les Comtes de Toulouse et leur entourage) affirme que la croix est devenue l'emblème de la famille comtale après la participation à la première croisade de Raymond IV ; cette croix pourrait trouver son origine à Constantinople. Il indique que le motif de la croix pattée a une origine byzantine et qu'il se répand en Occident via l'Italie et la Provence. Ainsi la croix de Toulouse et la croix de Venasque ou de Forcalquier auraient une origine commune, mais ne se seraient pas inspirées l'une de l'autre.
En 2000, Bertran de la Farge (La Croix Occitane - Loubatière) pense que la croix occitane est originaire du marquisat de Provence, vraisemblablement de Venasque, et qu'elle pourrait provenir d'une synthèse entre la croix de Constantinople et la croix copte (croix grecque trilobée) implantée en Provence grâce aux moines (Lerins-St Victor de Marseille) et peut-être aussi grâce à l'aura de St Maurice.
Pour le moment, les documents ne permettent pas de déterminer une origine unique incontestable.
Le drapeau occitan (cf l'image) est utilisé pour représenter la langue et la culture occitanes, ou plus généralement comme un emblème régional. C'est le cas en Languedoc mais aussi en Limousin. La croix de Toulouse y est parfois accompagnée d'une étoile à sept branches, représentant les régions historiques de l'Occitanie selon le Félibrige.
Dans les Vallées Occitanes d'Italie, en application de la loi 482-99 concernant les minorités linguistiques, de nombreuses communes organisent une cérémonie autour de la pose du drapeau occitan sur les bâtiments officiels. Un texte est lu en occitan et italien, expliquant les motifs de la cérémonie puis le drapeau est hissé au son du Se canta. Cette cérémonie s'est déroulée pour la première fois en France, dans le village de Baratier, le 19 novembre 2006.
Le motif de la croix de Toulouse est utilisé par certaines communautés territoriales dont une partie du territoire correspond à celui de l'ancien comté de Toulouse : Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon, Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes (Comté de Forcalquier). On le trouve également sur la signalétique pour indiquer la langue occitane (panneaux à l'entrée des villes...).
Musique et danse :
L'hymne national de l'Occitanie est Se canta (ou éventuellement La Cançon de la Copa).
Pour connaître la musique occitane, on consultera notamment :
La Talvera
Nadau
Claudi Marti
Joan-Mari Carlotti
Mans de Breish
Massilia Sound System
Parpalhon
Fabulous Trobadors
André Minvielle
Carlos Gardel toulousain inventeur du tango
Lou Dalfin
Lou Seriol
Gai Saber
Lhi Jari
Gadalzen
Goulamas'k
Mauresca Fracas Dub
L'as pagat lo capèu de Nice
Rosina de Peira
Manufactures verbales
Moussu T e lei Jovents
Stille Volk, groupe de musique néo médiévale
Hantaoma, groupe de folk metal occitan
Lucia de la Val d'Aran
Familha Artus
Jan dau Melhau, du Limousin
Joanda de Montpelhièr
Ténarèze
lo grope ÒC
Joan-Pau Verdier
Nux Vomica de Nice
Jànluc Sauvaigo et son groupe de country niçois l'Ontàrio Blues Band
Corou de Berra polyphonies du Pays Niçois
Gael Princivale
Bernard Vaillant
Marilis Orionaa
Peiraguda
Lo Còr de la Plana de Marselha
Bernat Combi chanteur et musicien hors du commun du Limousin
Loule Sabronde
Sonoloco de Hautefort en Dordogne.